La
division du département en
pays gallo ou haute Bretagne à
l'est, et pays bretonnant ou basse
Bretagne à l'ouest correspond
moins bien à la structure
géologique et au relief du
territoire que la séparation
entre le littoral : l'Armor, pays
de la mer, et l'intérieur
: l'Argoat, pays des bois.
En effet, si le territoire de formation
granitique et argileuse présente
un relief peu élevé,
ces hauteurs coupent le département
d'est en ouest par une ligne de
partage des eaux entre la Manche
et le golfe du Morbihan : les hauteurs
du Mené à l'est se
prolongeant vers l'ouest par les
monts d'Arrée et les montagnes
Noires.
Les rivières qui coulent
vers le nord se terminent souvent
par des "rias" où
la marée remonte loin dans
les terres. Si le pays de l'intérieur
est essentiellement agricole et
à part quelques industries
légères comporte surtout
des industries agroalimentaires,
le littoral vit de la pêche
y compris les armements pour Terre-Neuve
ou l'Islande et compte 26 ports.
L'aspect de la nature, compartimentée
par le relief du département,
est d'une extrême variété.
La mer toujours changeante offre
une côte littorale découpée
aux avancées admirables et
un chapelet d'îles et d'îlots
dont certains forment des réserves
naturelles ; d'innombrables plages
de sable fin se logent dans autant
de baies ou de petites criques.
Le pays intérieur, moins
connu, est tout aussi intéressant
par les découvertes qu'il
permet et la variété
de ses promenades : vallées,
bois, étangs alternent avec
les landes, le bocage, les chemins
creux, constituant un cloisonnement
varié que menacent parfois
les impératifs du remembrement
des terres.
Les essences forestières
nombreuses et variées, les
landes, les vallons touffus, les
prairies, les cultures maraîchères
donnent au paysage un aspect extrêmement
verdoyant.
Arts,
activités et économie
Les civilisations antiques qui se
sont succédé sur ce
territoire ont laissé dès
le Paléolithique de nombreux
témoins mégalithiques.
Par la suite, la situation géographique
des Côtes-d'Armor, la longueur
de ses côtes favorisant les
invasions, le peu de protection
naturelle qu'offre ce relief, imposa
une architecture défensive.
villes fortifiées de Dinan,
Moncontour,
Lamballe
; châteaux forts (souvent
ruinés) de la Hunaudaye,
du Guildo, de Tonquedec ; forts
dominant la mer.
De nombreuses villes ont conservé
un noyau ancien (Dinan,
Lannion,
Moncontour,
Guingamp,
Tréguier, Quintin...)
et la plupart des villages de belles
maisons de granit.
De très nombreux manoirs
et châteaux des XVème,
XVIème et XVIIème
siècles dressent leurs façades
de granit (souvent maltraitées
au XIXème siècle)
aux détours des campagnes.
Quelques malouinières. manoirs
de gentilhommes peu fortunés
présentent encore dans la
région de Dinan leur architecture
particulière.
L'architecture religieuse passe
rapidement du roman à un
gothique très illustré
qui s'est prolongé jusqu'au
XVIème siècle.
Les troubles du XIVème et
du XVIème siècles
ont, comme pour l'architecture civile,
provoqué bien des ruines,
et les aménagements de la
fin XVIIIème et du XIXème
siècles, bien des erreurs.
L'église traditionnelle de
granit est couverte d'ardoise sur
charpente ; le climat et le vent
ont imposé un toit en pente
peu élevée et un porche
au sud ; l'appareil extérieur
est très orné ; l'église
est entourée d'un cimetière
clos, avec calvaire et ossuaire,
parfois une fontaine ou une chapelle
nobiliaire ; de nombreux calvaires
et croix marquent les carrefours.
Quelques belles abbayes nous sont
parvenues : Beaufort, Bon-Repos
(en ruine), Boquen actuellement
restaurée. Le mobilier XVème/XVIIIème
siècles est particulièrement
intéressant : poutres, sablières,
jubés ornés souvent
transformés en tribunes ;
retables (dont ceux de la confrérie
du Rosaire) ; sculpture d'inspiration
locale mais aussi flamande ; panneaux
d'albâtre et vitraux XVème
et XVIème siècles.