Le Morbihan est une pénéplaine
hercynienne de faible altitude, puissamment burinée
par ses rivières, Ellé, Scorff, Blavet,
Oust, Vilaine, dont le cours est orienté par
les bandes de schiste ou de gneiss souvent parallèles
à la côte tandis que le nord du département
contient des massifs granitiques. Certaines vallées
noyées par la mer, ou rias, s'avancent profondément
dans les terres. Seule, la presqu'île de Quiberon
s'avance, telle une jambe, dans la mer. Une traînée
d'îles, Groix, Belle-Ile, Houat et Hoedic, témoignent
du recul du continent. Le voisinage de l'océan
vaut au Morbihan son climat agréable : hivers
doux, étés tièdes et humidité
largement répartie. Pendant des siècles
alternaient dans les campagnes pays de bocage et vastes
étendues de landes parées de l'or des
genêts ou du mauve de s bruyères selon
les saisons. Avec le progrès du remembrement
elles perdent chaque année un peu de leurs riantes
couleurs. Restent quelques forêts, un semis de
boqueteaux de pins et un treillis de vallées
verdoyantes. Le Morbihan a toujours eu une double vocation
: agricole et maritime. Depuis la dernière guerre
une véritable révolution agraire s'est
opérée : généralisation
du machinisme, remembrement des exploitations entraînant
la destruction du bocage, élevage intensif de
volailles et de porcins : Mais de tout temps la mer
a eu une influence prépondérante : si
les marais salants ont été remplacés
par l'ostréiculture dans les rivières,
la pêche (sardine ou thon) fait toujours la prospérité
de Belle-Ile, de Quiberon, de Port-Louis, Groix ou Etel.
De plus en plus se développe la pêche industrielle
et Lorient est devenu le second port de pêche
de France. Longtemps l'industrie, essentiellement artisanale,
s'est limitée aux besoins locaux et s'installait
au voisinage des forêts. Si aujourd'hui les forges
d'Hennebont sont fermées, on continue d'extraire
du sol granit, kaolin et matériaux d'empierrement.
Les entreprises nouvelles - agroalimentaires et industrielles
- se fixent désormais à la périphérie
des villes. |